L’âtre

dans l’âtre je roule

nos lettres écarlates

 

qui m’aime

me foule

 

c’est le vacillement,

la bascule

 

et je brûle hurle brûle

Rétine

j’ai visité

des chagrins

d’avalanches,

des chagrins

de cathédrales

immenses,

chagrin gris-

gris qui

tinent ou

vitrail qui tinte –

y a ces chagrins

qui vrillent

nos rétines

éteintes

(poème publié dans Revue Encres, n°4)

 

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L’amant

je ne dors pas
mes yeux s’ouvrent comme ceux
des morts
l’amant est un fossile froid
qui tombe dans la forge
je ne luis pas
je n’étais pas son pesant
d’or
on m’a veillée deux fois
le troisième me coffre-fort

 

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Se taire

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Georgia Napoletano

elle devrait s’abriter
sous une cloche de verre
à trop brûler ivre
au feu des réverbères,
il arrive qu’elle
se tue –
un sang d’encre a couru
ventre à terre,
c’est le ventre rond des rus
qui crache la colère –
et elle qui se rue
et elle qui se rêve
à l’ombre des peines
perdues,
elle ne peut ravaler
ce qui la tue
son sanglot a couru
dévalé de travers –
il lui faudra se taire ;
on ne s’entend
même plus