Parution du numéro 8 de la revue Pierres d’Encre

Mon poème en prose « Le vieil homme et la petite tulipe » figure au sommaire du numéro 8 de la revue Pierres d’Encre. Très belles illustrations des textes par l’artiste Lena Chamoux. Ma petite tulipe rouge, rencontrée dans un salon de thé à Auray a été ainsi immortalisée. Cela me touche beaucoup !

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Cloaque

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Tes doigts

Bleus et

Blêmes

Suspendus

A mes vertèbres

Ont couturé ma vue

Ouvre les valves

J’ai

Le cœur en cloaque

Et en silex

Heurte-toi

Au roulis des eaux

Calcaire

Et tourne

Dans mon ventre

Comme un

Vortex

Le dernier

 

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The escort – Ummatiddle

Mes lèvres ont battu

Longtemps

Si longtemps

Et si fort

Contre la roche

Que les gemmes ont

Rougi

J’attends les faux jours

Pour réparer

Visages, objets

Afin d’étreindre leur nuit

Ma voix s’est rouée de

Regrets

Mes stupeurs

Buttent contre

La roche

Souvent

Si souvent

Et si fort

Que les pierres

Pâlissent

Laissez-moi

Sur la grève qui

M’encoche

Epeler le nom

Au dernier

Cri

[Dés]accordés

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Une corne de cristal

Où ses petites larmes

Frisent

Cliquent et disent :

(…)

Mais je n’entends.

Son corps c’était

Une terre vague,

De sel, de bistre

Je n’entends car

Une chaux vive

Crépit ma peau

Et la déchire

Nous nous accordions

Mal ; elle était pâle

Comme naphtaline

Nos mains s’encordent

Puis se cendrent,

Sous nos pèlerines

 

 

 

 

 

 

 

 

La rive (publié dans Lichen n°34)

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J’ai poli mes yeux

Aux angles ronds

Des pierres ponces

Couvert mes mains

Ma tête mon front

Du linon blanc

– Des tiens –

Tu as brisé

L’aubier de l’air

Des cailloux bleus

Sont apparus

Et tes cheveux

Et tes paupières

Et l’arceau blond

– Des bras –

Tout ce qui est

Toi

M’a paru

– Rare, inconnu –

J’ai suivi

Du bout des doigts

La dentelure

Des rives

Au bout des cils

Je t’ai vue – assise

Le silence glanait

– Tes pieds nus –

A l’ombre de l’eau, poème publié dans l’ouvrage collectif « Les Océans de demain » aux éditions des Embruns

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 A l’ombre de l’eau

A l’ombre de l’eau tremblante

J’ai déplié les voiles ferlées

De la haute nef ballotée

Par une mer mugissante

Tu m’appelais batelier ; maintenant

Je ne mène plus personne

Et j’erre dans le désert bleu et froid

Sans trouver une seule parole ; entends

Le silence des rives qui résonne

Au creux des coques immobiles

Les glaciers qui dérivent ; exil !

J’ai vu défiler des milliers d’îles

Où les anémones tranquilles

Agitent leur couronne

Sous les débris de plastique

J’arpente la grève le soir

A la recherche des oiseaux

Que la perfide marée noire

Etouffe dans un étau

Certains ont l’échine brisée

D’autres les ailes éplorées

Captifs des filets, ils gisent

Sur l’écueil désolé

Plus loin les poissons

Dans les nasses d’osier

Ont la gorge serrée

De mordre à l’hameçon

Une larme a roulé

Dans la vase grise

L’Océan se mélancolise

Je l’entends murmurer :

« Prends ta valise

Batelier ; fuis ma citée

Mais viens fermer

Mes yeux de sel et de brise »

A l’ombre de l’eau tremblante

Il était une fois le batelier

Qui veillait au chevet

De sa mer mourante